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Vous n'êtes pas un cobayeImprimer cette page

 « Tous les traitements anticancéreux actuellement utilisés n’existent que parce qu’un jour des malades ont accepté de participer à une étude clinique qui a permis de les valider, puis de les développer »

Le Plan Cancer 2009-2013 a aujourd’hui un objectif majeur en termes de recherche : celui d’augmenter de 50 % la participation des malades aux études de recherche clinique (ERC) L’effort portera d’ailleurs en priorité sur les enfants, les personnes âgées et celles souffrant de tumeurs rares et de formes graves.

Pourquoi ?
La recherche clinique représente un moyen d’avoir accès à de nouveaux traitements, qui pourraient être plus efficaces ou moins toxiques que ceux dont nous disposons actuellement.
Dans la prise en charge spécifique du cancer c’est aussi le moyen de progresser face à un fléau qui a fait, en France et en 2010 plus de 140 000 morts. En fait aujourd’hui lorsque vous bénéficiez d’un traitement, c’est bien à la suite d’autres malades, qui ont participé à la recherche, qui en ont tiré pour eux souvent un bénéfice, et qui ont fait progresser nos traitements.

Comment ?
Les ERC sont à la croisée des chemins entre le chercheur, qui veut comprendre et élucider les mécanismes de la cancérogenèse (création des cancers), le médecin, à vos côtés pour vous aider à détruire ce cancer ou au moins le mettre au silence, et le malade, qui veut guérir, au moins gagner du temps dans de bonnes conditions. Elles matérialisent un contrat de confiance. C’est dans cette confiance que se résout le paradoxe suivant : dans une étude de recherche clinique, vous bénéficiez des avancées de la recherche, mais personne ne peut vous garantir de résultat.

Pour qui ?
Les ERC sont de plusieurs types, explicités plus bas. Chacune a une « population cible » : un profil précis de malades, et de cancers. Il y a encore quelques années, les études étaient proposées à des malades en dernier recours. Cela a participé sans doute à créer une image défavorable des études cliniques. Aujourd’hui on propose de plus en plus d’études à des malades qui ont de plus en plus de chances d’en tirer profit.

Les médecins ont-ils un autre intérêt que celui des malades à y participer ?
Peu de médecins proposent des études cliniques à leurs malades, parce que cela prend du temps (expliquer, recueillir les informations dans des cahiers de suivi etc.…) ou parce qu’ils n’ont pas assez de malades pour ouvrir leur centre à une étude ; ou encore parce qu’ils n’en ont pas pris l’habitude.
Pour palier au temps que demandent les études cliniques, un nouveau métier – celui des attachés ou techniciens de recherche- a été créé, ainsi ils peuvent aider à ces tâches. Dans le département les deux hôpitaux se sont dotés de tels postes. Dans la région, une équipe mobile est aussi mise à disposition des équipes qui le souhaitent.
Dans d’autres cas, les études, liées à un partenariat industriel, sont rémunérées pour le médecin, mais toujours de façon proportionnelle au travail fourni, et dans ce cas, sans qu’il bénéficie de l’aide des techniciens sus-cités. Cette rémunération fait l’objet d’une déclaration au Conseil de l’Ordre des médecins.

Il y a d’autres motivations pour les médecins, en particulier la curiosité scientifique, le désir de participer à une étude internationale qui peut donner lieu à une publication de haut niveau. Mais celles-ci restent, face au soin, en principe des raisons de second ordre.

Y a-t-il des études d’épidémiologie ?
Oui, elles durent plusieurs années, et cherchent des facteurs en lien possible de causalité avec des cancers, ou des facteurs de protection. Dans le département une telle étude, nationale, à l’initiative de l’INCa existe par exemple dans les cancers du sein.

Pour réfléchir et éventuellement accepter d’être dans une étude de recherche clinique il faut avant tout retenir au moins trois points :
-1. Avant les ERC les molécules ont été testées sur des animaux ou des tissus, et déjà largement étudiées. Ensuite il faut passer à l’étape humaine : la molécule n’est pas « inconnue », mais les résultats obtenus sur l’animal ne peuvent pas être extrapolés à l’être humain sans de nouvelles études, spécifiquement réalisées chez des personnes atteintes de cancer, et c’est là qu’interviennent les ERC. Les traitements du cancer ont pour objectif de détruire des cellules cancéreuses ou de les empêcher de proliférer : ils ne peuvent donc pas être testées chez des volontaires sains.
-2. Les médicaments récents ont une indication précise (ou plusieurs, c’est leur libellé d’autorisation de mise sur le marché ou AMM-), mais ne peuvent pas être prescrits dans d’autres indications tant que toutes les études dans ces nouvelles indications n’ont pas été terminées, qui prouvent leur utilité. Par ailleurs, une nouvelle molécule ne peut pas être prescrite tant que les études qui la concernent ne sont pas terminées. Finir le plus rapidement possible ces études cliniques c’est gagner du temps pour toutes les personnes qui attendent de nouveaux traitements. Aujourd’hui il faut 12 à 15 ans entre la découverte d’une nouvelle molécule et sa commercialisation
-3. Des lois et des comités de protection des patients (CPP) encadrent toutes les études qui vous sont proposées : ils garantissent qu’elles sont acceptables scientifiquement et moralement. Lorsque vous acceptez d’entrer dans une ERC vous signez un consentement après avoir été informé oralement et par écrit.

Alors, parlez-en à vos médecins : aujourd’hui il existe des sources de recensement des études cliniques et votre médecin peut facilement y avoir accès.

Dans tous les cas :
Vous pouvez retirer votre consentement à tout moment et cela ne changera rien à votre relation à vos médecins
Vos médecins référents restent à vos côtés, et sont tenus informés par leurs collègues de ce qui vous arrive, en temps utile.
L’accès à la recherche est un aussi un droit d’une certaine façon.

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